LA PÉRÉQUATION – UNE FAUSSE BONNE IDÉE

Ce que vous n’avez JAMAIS voulu savoir sur la PÉRÉQUATION

LES FAITS

Selon le Prix Nobel d’économie, l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale et ancien conseiller du président Bill Clinton, le très populaire Joseph STIGLITZ, la fortune des 85 milliardaires les plus riches, représente une fortune équivalente à celle des 3 milliards d’êtres humains les plus pauvres.

Aujourd’hui, 1% de la population de la planète détiendrait près de la moitié de la fortune mondiale.

En 2017 la Suisse compte 36 milliardaires – pas aussi riches que les 85 cités ci-dessus mais suffisants pour que leur fortune totale atteigne 123,1 milliards de francs.

LA PÉRÉQUATION

Lorsqu’ils parlent d’ÉGALITÉ les « bien-pensants politiquement corrects » se donnent bonne conscience en culpabilisant « les riches » de ne pas assez partager leurs « avoirs acquis frauduleusement sur le dos des pauvres » grâce à des « avantages » de classe ou d’argent.

Bref, il est de bon ton d’être pour la PÉRÉQUATION FINANCIÈRE, en d’autres termes que ces – “salauds profiteurs” de – riches payent enfin pour ces – “pauvres exploités” de – pauvres.

La péréquation – ici financière – c’est un mécanisme de redistribution qui vise à réduire les écarts – ici de richesse – et les inégalités. Ce processus – imposé et arbitraire – se fait souvent au détriment d’une transparence sur les faits réels ce qui peut biaiser les décisions.

Or sur ces 36 milliardaires suisses, la part des entrepreneurs qui ont fait fortune eux-mêmes s’élève à 44%, alors que 56% sont des héritiers.

Cette part d’entrepreneurs – qui ont fait leur(s) milliard(s) par EUX-MÊMES – est encore plus élevée dans d’autres régions du monde, notamment aux États-Unis où les entrepreneurs dans la population de milliardaires s’élève à 69%. En Asie-Pacifique, le pourcentage atteint même 76%.

La péréquation est souhaitée TOUJOURS DANS UN SEUL SENS, c’est lorsque l’inégalité dérange les plus démunis mais qu’ils sont en majorité.

PARLONS MAINTENANT DE PÉRÉQUATION

La Suisse abrite 980 personnes disposant d’une fortune supérieure à 100 millions de francs. Et si, parmi elles, le patrimoine des 300 suisses les plus riches était réparti entre l’ensemble de la population helvétique, chaque habitant recevrait CHF 79 400.- UNE SEULE et unique FOIS.

Cela veut dire que si l’argent de ces personnes riches – qui pour la plupart l’ont gagné par elles-mêmes comme on l’a vu – était entièrement distribué en UNE SEULE FOIS, il faudrait de l’autre côté que TOUS les problèmes soient RÉSOLUS EN UNE SEULE FOIS, car ensuite il n’y aurait plus d’argent à “piquer” aux riches.

Ce que la majorité – de démunis – oublie de dire c’est de quoi est faite cette fortune. Il y a certes quelques yachts et voitures de luxe, mais il y a surtout des milliers d’emplois, des risques pris et assumés, du travail et parfois un peu de génie. Créer des emplois et assurer leur pérennité n’est pas dû au hasard. C’est un savoir faire.

Et qu’adviendrait-il de cet argent ? Probablement RIEN. Aura-t-on résolu tous les problèmes – en 365 jours – avec cet argent ? ASSURÉMENT PAS. Les “démunis” deviendront-ils autonomes définitivement ? CERTAINEMENT PAS.

Ce sera le FIASCO. J’en ai déjà parlé dans un article précédent. Faire de l’argent est un savoir faire et un savoir être.

Poursuivons néanmoins l’utopie de la péréquation.

L’HOMME EST-IL FAIT POUR LA PÉRÉQUATION FINANCIÈRE ?

Ikea Vernier teste une solution de livraison fournie par Trusk, société française, qui emploie du personnel français (pas maghrébin, ou éthiopien, voir ghanéen), des Français, de France voisine. La France voisine où vous allez volontiers faire vos courses le week-end.

Un salaire mensuel de 1680 euros (CHF 1905.- ), 35 heures de travail par semaine (je vous avais dit… des Français), 50% des frais de transport et de péage pris en charge. La cible de l’annonce est claire, c’est pour des Français.

Le hic, c’est qu’il s’agit d’une mission en Suisse, à Ikea Vernier (tout prêt de la frontière néanmoins) et que rapidement nous avons eu droit à de grands cris d’orfraie de nos faiseurs de politique. Ils appellent cela la vigilance étatique.

L’emploi de Français par Ikea indigne la commune. «Nous sommes outrés». Le maire PLR de Vernier (GE), Pierre Ronget, l’a dit aux élus municipaux. «Nous nous insurgeons contre ce mode opératoire», dénonce-t-il et demande à l’entreprise «un changement rapide dans sa manière de faire».

M. Pierre Ronget sait pertinemment que, juridiquement, la démarche d’IKEA pour externaliser ses livraisons n’est pas contestable, néanmoins il estime que l’entreprise doit adopter «les règles qui conviennent».

QU’EN EST IL DU PRINCIPE DE LA PÉRÉQUATION ?

Nos 36 milliardaires du haut de l’article ne peuvent pas rendre tout le monde milliardaire, mais les “penseurs politiquement corrects” pensent qu’ils DEVRAIENT PARTAGER leurs avoirs. Bien. Appliquons ce raisonnement à Ikea Vernier.

Pourquoi ne pas partager – nous les Suisses qui sommes dans cet exemple du côté des riches – avec les moins bien gâtés ?

Selon le site http://www.globalrichlist.com/ notre salaire suisse médian de CHF 78’024.-/an nous place parmi les 0,31% des revenus les plus ÉLEVÉS au monde. Notre SALAIRE MÉDIAN, vous avez bien lu.

La comparaison est trop vaste ? Soit. Limitons le monde à la France – cela va plaire aux Français à n’en pas douter – et refaisons le même exercice. Le site du Figaro nous en donne les moyens.

Le salaire médian en France en 2016 est de € 1772.-/mois, ce qui représente – approximativement – CHF 2’130.-/mois. Le salaire médian en Suisse en 2016 est de CHF 6’502.-/mois.

Notre salaire suisse médian de CHF 78’024.-/an nous place – encore – parmi les 3% des revenus les plus ÉLEVÉS de France.

En d’autres termes pourquoi ne pas laisser faire une société française en Suisse et payer ses employés ? Ne serait-ce pas un premier pas de péréquation financière ?

Mais évidemment la péréquation – lorsqu’on est du côté des riches – est plus difficile à appliquer. On trouve – facilement – beaucoup d’excuses et de bonnes raisons “politiquement correctes”.

Avant de blâmer les milliardaires, peut-être pourrions-nous faire une petite introspection. Il est plus facile de DONNER DES LEÇONS aux 85 milliardaires que de DONNER DE L’ARGENT aux Français.

Car on est toujours le riche de quelqu’un.


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Comparaison des salaires médians en euros

ALLONS ENCORE PLUS LOIN

Restons en Suisse. Fin septembre 2018, le tirage de l’Euro Millions a fait un nouveau multimillionnaire en Suisse. Il s’agit d’un nouveau record pour la Suisse, selon le porte-parole de Swisslos. Pour empocher plus de 180 millions de francs suisses, il a misé CHF 24.50 et a coché les numéros 7, 17, 29, 37 et 45, ainsi que les étoiles 3 et 11.

En 2017, la Loterie Romande et Swisslos ont fait 32 millionnaires avec le Swiss Loto, l’Euro Millions et le PMU. Le total des gains 2017 au Swiss Loto avoisine les 200 millions de francs. Depuis sa création en 1970, le jeu a fait 912 millionnaires, précise la Loterie Romande, tandis que l’Euro Millions a fait 48 heureux depuis son lancement en 2014.

Je présume que la plupart faisaient partie des “démunis” qui réclamaient – à cor et à cris – que nos 85 milliardaires paient leur dû et partagent leur fortune. Bizarrement je n’ai entendu aucun gagnant de la loterie descendre dans la rue et partager son gain, totalement indu et immérité.

Pas plus que je n’ai entendu nos “bien pensants politiquement corrects” qui prônent l’égalité exiger l’abolition de la Loterie Suisse Romande.

En effet qu’y a-t-il de plus indu et immérité qu’un gain à la loterie où il suffit de cocher 5 numéros et 2 étoiles pour gagner CHF 180 millions ? (Dont à déduire, je vous l’accorde, les CHF 24.50 de frais d’investissement).

C’est un montant acquis au détriment de “petites gens démunis” qui ont mis chacun une petite somme et dont on brise le rêve. Au moins certains de nos milliardaires du début d’article ont eu le mérite de s’impliquer, au delà de CHF 24.50, à l’édification de leur fortune.

SÉRIEUSEMENT, J’AI 2 PROPOSITIONS

  • APPLIQUONS LA PÉRÉQUATION AUX PLUS RICHES sans état d’âme et sans remords afin qu’ils contribuent en distribuant leur fortune au bien de TOUS. Dans ce cas-là, préparons nous, les Suisses, à faire un très, très GROS EFFORT de donation, car la péréquation est également applicable lorsqu’on est – SOI-MÊME – riche.
  • NE RETIRONS PAS L’ARGENT AUX RICHES mais laissons les gérer eux-mêmes la répartition au travers de la philanthropie. Laissons-les nous enseigner le domaine de l’argent. Les riches le connaissent, le pratiquent assez bien pour y réussir et ils pourraient ainsi nous le faire PARTAGER (façon canne à pêche et couteau plutôt que poissons cuits).
La notion de la péréquation est toujours plus facile à accepter lorsqu’on est DU CÔTÉ DE CELUI QUI REÇOIT.

Je suis ABSTENTIONNISTE car nos faiseurs de politique et nos médias n’ont aucune compétence ni cohérence dans leur approche des problèmes. Ils sont OPPORTUNISTES et TENDANCIEUX et ce n’est pas cela qui va me convaincre d’être soumis à leur majorité.

La BONNE NOUVELLE nous vient des milliardaires. Il s’agit du “philanthrocapitalisme”.

« Philanthrocapitalisme » est un néologisme qui a de l’avenir. Un mélange entre la philanthropie, du grec ancien « amoureux du genre humain », et le capitalisme qui, sans être directement l’opposé, ne place pas nécessairement l’amour de son prochain au coeur de ses préoccupations.

En août 2010, une quarantaine de milliardaires américains et leurs familles se sont engagés à donner au moins la moitié de leur fortune à des organisations caritatives. Chacun reste libre de la somme qu’il va donner, et de la CAUSE qu’il va SOUTENIR.

Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, promet de donner 99% de ses actions à une fondation qu’il crée avec sa femme Priscilla. Warren Buffet, avait déjà annoncé en 2006 qu’il fera don de plus de 80% de sa fortune. L’ancien maire de New York Michael Bloomberg, le fondateur de CNN Ted Turner, le cinéaste George Lucas ou encore le cofondateur de l’éditeur de logiciels Oracle, Larry Ellison font partie des cosignataires.

Cette « coalition » veut prouver qu’on peut à la fois faire du bien à la planète, et faire de bonnes affaires.

La démarche de ces “philanthrocapitalistes” est à la fois ancienne et résolument nouvelle. Ils puisent dans la motivation classique de la bienfaisance traditionnelle, et y ajoutent les méthodes et la logique du business.

On est loin de l’intransigeance dogmatique du maire PLR de Vernier (GE), Monsieur Pierre Ronget.

L’AUTRE BONNE NOUVELLE est que cette façon de faire va faire tache d’huile. Les milliardaires auront montré l’exemple, d’autres – moins fortunés – vont suivre sans aucun doute.

Ensuite ce sera notre tour, à nous les moins riches. Peut-être alors accepterons-nous une “sorte” de péréquation avec les Français, nos – très proches – voisins et cela même s’ils ne travaillent que 35 heures ?

Pour tout vous dire, je ne suis pas tout-à-fait impartial sur la péréquation franco-suisse, car la réalisation la plus extraordinaire dans ma vie est justement franco-suisse. N’est-ce pas ma fille ?

Je vous souhaite une douce et agréable journée.

PS: La semaine prochaine je vous parle de justice, plus particulièrement de Jean Valjean. A jeudi prochain.

6 commentaires sur “LA PÉRÉQUATION – UNE FAUSSE BONNE IDÉE”

  1. Mouais…
    Plutôt que de créer des fondations de bienfaisance qui, au passage permettent une optimisation fiscale et un moyen de se racheter une conscience, je pense que ces milliardaires, qui ne savent plus trop quoi faire de leur fric, pourraient commencer par rémunérer décemment leurs employés.
    Ce serait une belle manière de donner d’exemple.
    Pour le reste, je partage le constat et ne suis pas fan d’une répartition qui n’est jamais équitable.

    1. Monsieur, merci de votre commentaire.
      Il n’y a pas besoin d’être milliardaires pour rechercher “un arrangement” concernant l’argent. Je me suis laissé dire – mais ce n’est que pure médisance, j’en suis sûr – que certains de nos hommes – et femmes, car là elles sont sur le même pied d’égalité – politiques auraient abusé de leurs notes de frais et/ou auraient voyagé aux frais de la princesse (ou d’un riche étranger).
      Je n’ai pas les fiches de paie de tous les employées des milliardaires, mais je remarque – avec satisfaction – que vous leur reconnaissez avoir créé et maintenir des emplois. A mes yeux c’est déjà un très bel exemple.
      Ce que je veux surtout dire c’est qu’avant de blâmer les 85 milliardaires, on pourrait balayer devant sa porte. Et avant de voir la paille dans l’œil du voisin on devrait regarder la poutre qui est dans le nôtre. Cordialement.

      1. Non, je ne leur reconnais pas ce mérite d’avoir créé et maintenu des emplois. Bien au contraire. Des sociétés comme Amazon, pour ne prendre que cet exemple de disruption économique, ont d’abord provoqué un chômage massif dans le domaine du livre, à tous les niveaux depuis la création à la distribution, pour ensuite venir s’installer dans les lieux les plus touchés pour trouver du personnel désespéré et prêt à tout pour survivre.
        Je vous encourage à lire le travail en immersion du journaliste Jean-Baptiste Malet dans son ouvrage “en Amazonie” pour comprendre le phénomène.
        Je vous propose aussi de jeter un oeil sur mes billets au sujet de Uber qui est un exemple d’hyper-capitalisme décomplexé qui, sous prétexte de fournir du travail exploite les esclaves des temps modernes. http://heytaxi.blog.tdg.ch/

        1. Monsieur,
          Je comprends votre position face à Uber car elle vous touche personnellement.
          On ne peut pas aller contre une évolution uniquement parce qu’elle rend caduques certaines rentes de situation. Les photos numériques ont fait des centaines de milliers de chômeurs. Kodak est mort. Il n’y a plus de conducteurs de calèches aujourd’hui ni de faiseurs de sabots. Amazon, Alibaba, Ebay, Uber sont une évolution. Ils vont encore évoluer. Vous avez le droit de ne pas aimer. Vous avez le droit de mal subir les dommages collatéraux.
          Il nous reste le choix d’apprendre très vite à surfer sur cette vague ou à nous laisser submerger.
          L’évolution apportera d’autres opportunités. L’évolution est aussi pleine de chance.
          Cordialement.

          1. Je suis enthousiaste devant le potentiel d’innovation et suis fasciné par les outils numériques. Non, je ne défends pas mon petit pré carré mais une certaine philosophie qui, selon moi, devrait toujours accompagner ces évolutions et plus particulièrement lorsqu’elles provoquent de tels basculements.
            Ainsi, pour ne reprendre que l’exemple de Uber, vous pourrez vérifier notamment sur mon blog que cette société n’apporte rien de nouveau. Les applications de distributions de courses étaient déjà disponibles avant son arrivée et les taxis les utilisent et les mettent à disposition de leurs clients.
            Cette société est la caricature de ce que j’évoque dans mon précédent commentaire et ce n’est en tous les cas pas un évolution mais de la prédation. Je ne vais par y revenir ici, le net regorge d’explications.
            En revanche, et vous l’évoquez d’ailleurs, la suite promet d’être intéressante avec les applications décentralisées qui font l’impasse sur les intermédiaires grâce à la blockchain. Swarm City est pour moi l’exemple le plus prometteur et j’attends impatiemment qu’ils mettent à disposition leur outil qui relèguera Uber and Co dans les oubliettes de l’histoire comme un mauvais épisode.
            Pour Amazon, je vous encourage à lire le témoignage que je vous ai proposé. Alors pourrez-vous prendre véritablement la mesure objective qui relativise passablement votre propos.

          2. Monsieur,
            Je retiens votre enthousiasme devant le potentiel d’innovation. Je ne vais pas entrer dans la polémique d’Uber et/ou d’Amazon. Mais je me réjouis du potentiel qui nous attend – avec ou sans ces sociétés – et des grands changements qui sont sur le point d’arriver.
            La suite promet d’être intéressante, et nous sommes d’accord là dessus.
            Une très belle journée à vous.

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